Le sultanat de Jogjakarta est un peu la capitale culturelle de Java, sinon de l’Indonésie, tant sur le plan de la tradition que pour la jeunesse indonésienne en voie de dépravation ou pas. Logiquement on a fait les touristes, ouvert le guide à la page « à voire, à faire » et on a suivi le troupeau. Menfin pas trop non plus. Si on a sacrifié quelques belles journées à dénicher d’authentiques batiks imprimés à la machine, une ou deux soirées à regarder un spectacle de marionnettes (leurs ombres à vrai dire), visiter le palais du sultan, ou revivre le Ramayana tout en danses et en musique (le gamelan) au pied du temple de Prambanan, on a également passé de nombreuses heures à flâner sans but dans la ville, à apprécier son calme (tout relatif mais saisissant quand on arrive de Jakarta). Ceci dit, après 6h de cours quotidiens, on a aussi et surtout passé du temps dans les transats à essayer de faire rentrer toutes ces structures et le vocabulaire dans nos petites têtes. Et curieusement, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas été aussi motivés pour faire nos devoirs. L’Indonésien a beau être une langue relativement simple, les sonorités et le vocabulaire sont entièrement nouveaux, et entre Kami et Kamis, ou bien entre Kanan, Kapak, Kapal, Kapan, Karet, Kasar, Kasih, Kasir, Katak, Kaya et Kayu, les nuances à l’oral sont assez subtiles. Bref, on ne peut décemment pas avoir une conversation sérieuse en Indonésien, mais pour ce qui est de faire connaissance (kenal-kenalan) et de commander à bouffer on commence à gérer, quoique pendant le Ramadan c’est pas toujours évident de commander à manger.
Et pour finir ce périple quelque peu bucolique, on est allés se recueillir à Borobodur, ancien temple bouddhiste du 9ième siècle, où on a déambulé dans le sens des aiguilles du montre sur les 8 niveaux et 5km de frises, pour accéder à la stupa sommitale (et à une bien bonne réincarnation pour ce qui est des projets à long terme).